La campagne s’amorce

La campagne présidentielle s’amorce et sans surprise (mais avec un peu de regret) on pressent la faiblesse des discours et on s’inquiète de la qualité du débat dont la venue est attendue.
Que peut-on attendre des candidats, de chacun d’entre eux, qui soit de nature à éclairer notre choix futur, puisque c’est de cela dont il s’agit. L’interrogation ‘miroir’ vaut tout autant pour chacun des postulants : de quoi faut-il parler et comment faut-il le dire.

La réponse peut user d’une formule négative, c’est-à-dire précisant ce que nous souhaiterions ne pas entendre.
Vient à l’esprit l’annonce ‘inappropriée’ de mesures ou de dispositions ‘opérationnelles’, comme le taux de ‘ceci’, l’indice de ‘cela’, telle ou telle proportion ou quota, toutes choses qu’il appartiendrait (-dra) au Gouvernement futur de fixer ; ou encore l’exposé d’un projet-programme dont l’histoire nous a montré la forte probabilité d’une inadéquation à des conjonctures par nature fortement évolutives.
Cette réponse pourrait aussi prendre une autre forme, disons ‘positive’, qui, pour être ‘de principe’.
Même si jugée par certains ‘trop conceptuelle’, elle n’en serait pas moins concrète, car touchant à l’essentiel en indiquant la logique générale des choses.
Elle aborderait la vision que son auteur a du Contrat Social, c’est-à-dire de la philosophie et des règles fixant le cadre dans lequel il entend replacer nos modalités de vie collective.
Une autre approche, que la réflexion nous présente conciliable avec la précédente (conciliation qui pourrait (sic) être considérée comme impérative), serait (proposition hypothétique) de porter attention à la nature des choses dites, des ‘objets’ communiqués.
Cette nature, nous la souhaiterions à la fois réaliste et conséquente.
Réaliste, cela signifie être toujours en lien, en conscience et en connaissance, avec la réalité de toutes choses, réalité du monde dans lequel le pouvoir s’exercera.
Est Conséquent « celui qui raisonne et qui agit avec esprit de suite », celui qui anticipe l’évolution des faits telle qu’elle résulte de la décision qu’il a prise et qui en assume les effets conséquents (mais qu’est-ce qu’assumer veut dire ?).
C’est, vu sous un autre angle, être à la fois transparent et responsable.

Derrière la communication, il doit y avoir une vision, une conviction et un engagement.
Nous formulons donc le vœu d’une communication qui porte sur la conception de notre communauté nationale telle que projetée sur un futur proche (‘cinq ans’ c’est maintenant et c’est court !), du ‘vivre ensemble’ et du ‘vivre avec’, une sorte de ‘projet physiologique’ de la Nation
Il s’agit de la faire vivre en elle-même, ce qui suggère son développement, mais d’un développement qui peut n’être qu’endogène et non nécessairement croissance et expansion.
Il s’agit tout autant (réalisme oblige) de la faire exister (‘vivre avec’) au sein de notre Communauté Européenne et ‘du concert des Nations’.

Se dessine une palette d’éléments qui sont autant de touches de couleurs, promesses d’une œuvre dont il faudra que l’auteur assure l’harmonie ressentie et l’impression produite.
L’inventaire en est périlleux entre l’exhaustivité et l’essentialité.
La première approche doit-être celle des facteurs de risque majeur de ne pas pouvoir servir nos ambitions, voire même de ne pouvoir continuer à être ce que nous sommes.
J’en retiendrai trois :
– les relations internationales dont notre appartenance au bloc européen, la lutte pour l’appropriation des richesses ( le jeu concurrentiel des Nations qui est aussi lutte de puissance) et le combat existentiel qui annonce la guerre ;
– la dette financière qui témoigne au fond de notre posture collective à faire payer par les autres ce que nous rechignons à gagner par nous-mêmes et conséquemment notre capacité collective ‘à financer’ l’avenir ;
– la crise de l’environnement, à la fois crise du comportement collectif et effet de la lutte des Nations.
Ensuite, il faut se projeter plus haut-plus loin : quelles ambitions et quels projets.
Je retiens deux thèmes, à titre de réflexion et de débat :
– refonder la démocratie (et donc aussi le fonctionnement de la puissance publique), pour l’harmonie de la vie collective, la conduite des affaires et (peut-être surtout) l’émancipation de hommes et des femmes en devenir ;
– retrouver la liberté, source de justice (et donc le pacte d’appartenance), liberté d’entreprendre (source de richesse) comme liberté de penser et d’exprimer .

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