Le Conservatisme
Nous avons tous été interpellés par la non-mobilité revendiquée par un juge qui, pour auditionner en son palais (de justice), impose le déplacement couteux et risqué d’un justiciable dont la dangerosité est dramatiquement démontrée.
Quelques temps au par avant, des médecins en grève revendiquaient le droit d’imposer leur lieu d’exercice à l’assurance maladie, revendication faite au détriment avéré de l’intérêt de la population.
D’autres « expériences » (comme l’interprétation « élastique » {sic} du droit de grève dans les transports publics ou encore l’exercice « autocratique » de la démocratie locale) illustrent les unes après les autres ce qu’est la crispation conservatrice de certaines communautés d’acteurs, professionnelles ou politiques. Elles s’arcboutent sur des ‘acquis’ désuets, alors même que, oh ! paradoxe, leur existence est confortée (souvent) par la reconnaissance populaire.
Tout ces faits composent l’image d’une société entravée, sommée (par le fait accompli) de supporter ce qui peut être désigné comme le ‘privilège’ de quelques uns.
Société entravée donc, pénalisée dans sa recherche d’un mieux être, ne serait-ce que par le détournement de moyens qui font alors défaut ailleurs ; société entravée, alors que nombre de citoyens-travailleurs contribuent eux, dans leur activité quotidienne, à l’adaptation, au changement et à l’amélioration du service rendu.
Derrière cela, au-delà des considérations techniques sur la révision de tel ou tel mode opératoire, c’est le sens de l’intérêt général, la conscience du collectif, autant que la culture de la solidarité (au sens d’interdépendance) qui sont questionnés.
Débat théorique, voire ésotérique, diront certains. Pas si sûr au moment ou la question des finances publiques est « sur la table », et ou l’enjeu n’est pas tant de « faire des économies » (formule consacrée mais inadéquate) que de s’assurer que l’argent de nos impôts est dépensé à bon escient.
