Le marché empathique


A s’y intéresser, on comprend bien que l’empathie nourrit les relations sociales positives ; à certains égards, elle fonde la connaissance de l’autre (la perception-conscientisation phénoménologique que l’on en a) et donc l’amour de l’autre dont on assimile et valorise les caractères perçus comme qualités.

Ainsi se place-t-elle au coeur des activités économiques, surtout la partie d’entre elles considérée sous l’angle de l’échange (sans insister ici sur la synonymie que nous offre la sémantique entre échange de produits et échange de sentiments).
Il n’y a pas d’économie sans échange et il n’y a pas d’échange sans empathie et il n’y a pas d’empathie sans une rencontre libre et donc sans un marché libre. Ainsi peut-on considérer qu’exiger qu’existe un marché libre est non seulement une nécessité économique mais tout autant un impératif social.
Supprimer le marché ‘de libre pratique’, c’est condamner une part de l’expression et de la réception individuels à disparaître ; c’est donc fausser la régulation et donc empêcher l’harmonie sociale.

Si l’on considère, pour aller plus loin, la dimension pédagogique de l’empathie (on pourrait dire sa dimension initiatique), la contrainte d’une économie qui ne serait pas libre altère non seulement la santé sociale (et donc sans doute la santé ‘publique’), mais tout autant la croissance et le murissement de l’homme ; quelque chose comme son émancipation.
L’homme qui n’échange pas librement est un homme amputé, comme handicapé

Rencontre empathique autant qu’acte économique de vie, le marché ne remplit sa fonction que sous conditions ; celle de l’effectivité de la rencontre (entre l’offre et la demande, c’est à dire entre ceux qui portent l’une et l’autre) ; celle de la liberté pour que cette rencontre soit franche et ouverte aux alternatives ; celle enfin de la transparence des objets et des intentions.

La question environnementale s’invite évidemment au débat. Le marché s’inscrit dans un cadre qu’il détermine ou transforme en partie ; ses effets sur l’environnement sont bien connus et conséquemment l’empathie modèle ainsi le monde.
Or, peut-on être en empathie avec ce qui est voilé (lapsus rhétorique qui nous invite à un autre échange) ; peut-on négocier avec affection là ou l’autre se dérobe à notre (re)connaissance ; et si on l’accepte, alors ne sommes nous pas contraints, par dissimulation, à avaliser une posture, une pratique, que l’éthique nous prescrit de rejeter.

En pratique, c’est un peu et tout à la fois le débat sur les circuits courts, celui de l’étiquetage (celui de l’indice nutrition-santé), celui plus large du marchand ‘enchanteur’ ou du bricoleur de dépôt, ou encore de celle qui chevauche.

Factuels

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